mercredi 5 février 2020

vigilance des Sénégalais pour contrecarrer la silencieuse invasion étrangère des terres agricoles et du marché immobilier.

Cheikh Mbacké Sène, Expert en Intelligence économique
& Communication d'influence et de Crise
Les terres sénégalaises sont sacrées et doivent rester entre les mains des Sénégalais avant tout. Pour cela, j'interpelle les Sénégalais et opérateurs privés locaux sur le silencieux « accaparement étranger » des terres et du marché immobilier sénégalais. j'invite mes compatriotes  à se positionner davantage sur les marchés de l’immobilier à travers de projets gigantesques et audacieux et sur les terrains agricoles pour contrecarrer la silencieuse invasion étrangère.
De plus en plus d’étrangers lorgnent notre marché profitant des failles législatives pour investir dans l’immobilier et dans l’agriculture, spoliant drastiquement les terres sénégalaises pendant que la problématique d’accès aux terres et au logement persiste chez les locaux.  D'où l'importance de la sécurisation des terres sénégalaises par l’application de la préférence nationale  et j'invite mes compatriotes à avoir l’audace de bien se positionner dans le secteur de l’immobilier  pour ne pas avoir de regret demain.
J'appelle également au renforcement de la législation et de l’arsenal juridique qui, selon moi, ne protègent pas suffisamment encore le patrimoine terrestre sénégalais », mais aussi à la vigilance de l’Etat , des gouverneurs et maires des localités prisées. Des terres qui appartiennent depuis plusieurs décennies à des familles Lébous, Sérères et Pulsar laissent de plus en plus place à de gigantesques projets immobiliers et agricoles managés par des conglomérats et/ou opérateurs étrangers.
Les projets de logements sociaux annoncés par l’Etat du Sénégal attirent des opérateurs étrangers comme des abeilles mais la priorité doit être donnée aux entreprises sénégalaises qui souffrent déjà d’accès aux marchés. C’est une manière pour l’Etat de manifester son soutien à l’entrepreneuriat national, lequel avec l’auto-entrepreneuriat constitue, une des alternatives pour la réduction du chômage.

mercredi 15 janvier 2020

IMPACTS DE L’ACCORD SINO-AMÉRICAIN SUR L’ÉCONOMIE MONDIALE ET AFRICAINE


Cheikh Mbacké SENE, Expert en Veilles & Intelligence économique
L’accord économique et commercial de phase 1 signé mercredi dernier à Washington entre la Chine et les Etats-Unis pourra permettre à l’Afrique de récupérer au moins le point de croissance qui l’échappe depuis 2016. Même si cet accord ne résout les problèmes structurels que connaissent les deux premières puissances, elle contribuera à la stabilisation des rapports, renforcera le climat de confiance et conditionnera les performances économiques mondiales en générale et africaines en particulier. Continent encore dépendant qui plus ou moins « souffre » des imposantes interconnexions commerciales avec la Chine, des fluctuations inquiétantes du cours du baril et de la chute du dollar, l’Afrique peine à atteindre cette croissance de 4.0 et 4,2% qu’on lui prédit depuis 2016. Elle pourrait trouver le salut en cet accord.

Dans la mesure où le premier impact de cet accord sera psychologique, ce sont les marchés financiers qui seront les premiers à réagir par des performances qui peuvent aller en crescendo jusqu’à – pourquoi pas – une stabilisation de performances relativement notables. Ce qui aura un impact direct dans les investissements et dans le climat des affaires à l’échelle planétaire. La stabilisation des performances des places financières sera inhérente à celles du cours du baril et du dollar. Et il ne faudra pas perdre de vue les déficiences monétaires sur le rapport du trio EURO-DOLLAR-YUAN. Surtout que cet accord, en sa phase 1 est un début de résolution de la problématique commerciale (douanière…), qui ne résout pas pour autant les déficiences majeures du système monétaire international et encore moins la problématique de la demande d’actifs sûrs sur le marché international. Après tout dépendra de la lecture des marchés financiers dont les attitudes conditionneront les investissements et échanges commerciaux dans le courant de l’année. Dans les prochaines phases de l’accord, la question sensible du système monétaire international pourrait parce que le déséquilibre dans l’appréciation du Yuan face au Dollar semble handicapant pour une Chine qui est partout et qui veut être le n°1 mondial dans toutes grandes technologies de la future. L’accord a été possible grâce à la « déconcertation » avec laquelle la Chine a abordé les négociations laissant du lest sur certains points avec al conscience ferme que cela n’entravera en rien sa politique commerciale internationale.

« Les tensions mondiales trop lourdes pour proroger le ralentissement conjoncturel »

Les prévisions économiques mondiales pour 2019 prévalent toujours pour 2020, maintenues dans le registre de la prudence par un contexte géo-politico-financier international instable. Entre le marteau et l’enclume de la guerre commerciale sino-américaines et du conflit géopolitique avec l’Iran qui ne connaissent pas encore leur épilogue, tenaillés sur les côtés par les fluctuations inquiétantes du cours du baril et la chute du dollar, l’économie mondiale ne sait pas encore à quel saint se vouer pour 2020. Ces tensions mondiales ont pesé dans croissance mondiale et africaine. Les tensions entre l’Iran et les Etats Unis, si elles persistent, complexifient la situation économique internationale 2020. Et quid de l’impact du Brexit « acté » le 09 janvier 2019 par le parlement britannique, validant la proposition de sortie britannique de l’UE par Boris Johnson.
L’année 2019 s’est terminée avec la baisse des stocks américains, laquelle avait fait grimper dans la foulée les cours du pétrole, au plus haut niveau depuis septembre. L’euro a terminé l’année en progression face à un dollar affaibli notamment par l’apaisement des tensions commerciales précitées et dans un marché favorable au risque. Le dollar index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de grandes devises, aura finalement perdu 2,8% depuis son plus haut de l’année.
Une économie mondiale « aux bottes » des conflits des Etats Unis.

Les deux premières puissances mondiales se sont livrées à une guerre commerciale qui a pris en otage l’économie mondiale et plombé les performances des pays les plus dépendants de l’extérieur. Les États-Unis avaient lancé une guerre commerciale contre Pékin il y a un an et demi, accusant la Chine de pratiques commerciales inéquitables. En voulant faire une pierre deux coups (résoudre sa problématique du déficit commercial et sanctionner commercialement la Chine), les Etats Unis auront finalement pris en étale l’Economie mondiale. L’accord préliminaire entre les Etats-Unis et la Chine qui devrait aboutir à un accord « durable » durant ce mois de janvier 2020, ne rassure pas encore pleinement les investisseurs. Surtout avec un Donald Trump aux humeurs changeantes et fragilisé en interne. Cet accord commercial de « phase 1 » devra aboutir à une baisse des droits de douane et à une augmentation des achats par la Chine de produits agricoles, énergétiques et manufacturés américains tout en s’attaquant à certains litiges autour de la propriété intellectuelle. Les tensions bilatérales ayant eu, deux ans durant, un impact négatif assez profond dans les plus grandes places financières internationales et dans l’économie mondiales. Le dollar, qui est considéré comme une valeur refuge, est aussi connu pour s’apprécier lors de périodes d’incertitudes politiques et économiques, et pour souffrir lorsque les tensions commerciales sino-américaines s’apaisent. Tous ces faits constituent un cocktail explosif qui ne laisse aucune économie indemne. Et le chapitre semble n’a pas pu se refermer avec l’année 2019.

L’Afrique a les moyens de faire de la résistance
Si la croissance mondiale a enregistré une croissance de 2,4%, celle de l’Afrique s’est établie à 3% en 2019, année au cours de laquelle elle a connu sa pire performance depuis la crise financière de 2008. Et les perspectives 2020 font état d’une reprise timide et fragile, s’établissant à 2,5% de croissance. Toutefois, l’Afrique s’en sorte bien. Ses régions économiques et monétaires ont réalisé des performances de fortunes diverses. En effet, les pays de la zone CFA ont enregistré une croissance moyenne de 4,6% en 2019, en hausse par rapport aux 4,2% de l’année 2018 (Selon le rapport de la Banque mondiale sur les perspectives économiques mondiales.). En 2019, les pays de l’espace UEMOA ont enregistré une croissance économique de 6,4%, contre seulement 2,3% pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). En Afrique centrale, la récession économique de la Guinée équatoriale (- 4,3%) a atténué l’élan de croissance du Cameroun (4%), du Tchad (3%) et du Gabon (2,9%). Pour 2020, l’institution de Bretton Woods s’attend à une croissance de l’ordre de 5,1% pour la zone CFA, soutenue par celle de l’UEMOA qui devrait se maintenir à 6,4%, tandis que la Cemac devrait voir son économie s’accélérer à 3,4%. Notons qu’en Afrique de l’Ouest, cette croissance 2020 devra être portée par les bonnes performances des économies ivoirienne (7%), béninoise et sénégalaise, entre autres (6,8%).

Les conditions et espoirs d’une reprise internationale en 2020
La croissance du commerce international pourrait cependant monter à 1,9 % en 2020, contre 1,4 % en 2019. Mais pour espérer une relance économique convenable, il n’y a pas trente-six milles solutions, mais au moins que quelques conditions soient remplies.
Premièrement, il faut que la Chine et les Etats Unis parviennent à un accord durable ou au moins une trêve commerciale et que la désescalade du conflit avec l’Iran soit une réalité durable. Peu importe les conditions de l’accord préliminaire entre la Chine et les Etats Unis, pourvu que les investisseurs et acteurs du commerce international sachent à quel saint se vouer sur le moyens et long termes. Rappelant au passage que les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont été à sens unique. Il y’a ce que Washington exige et ce que Pékin peut lâcher comme l’est comme la guerre des droits de douane lance dans le but de forcer la Chine à revoir son modèle économique dominant. Avec des stocks à des niveaux record et une trêve commerciale imminente, les perspectives pour la demande mondiale en pétrole monteront.
Deuxièmement, il faut une stabilisation des cours du baril du pétrole dans les deux références mondiales. Ce qui sera encore difficile avec les tensions géo-politico-militaires dans les pays du Golfe (sécurisation des installations pétrolières…). Le baril de Brent pour livraison en février avait terminé l’année dans une progression de 1,07% pour s’établir à 67,92 dollars, quand le WTI texan pour même échéance (du 31/12/2019) s’est adjugé 0,93% à 61,68 dollars. Des niveaux que les deux références mondiales de pétrole brut n’avaient plus atteints depuis mi-septembre dernier et l’envolée de 15% en une séance après l’attaque d’installations pétrolières saoudiennes par des drones yéménites. Avec des stocks à des niveaux record et une trêve commerciale imminente, les perspectives pour la demande mondiale en pétrole vont continuer de monter
Troisièmement, arriver à une certaine optimisation dans le rapport EUR/USD pour des rapports commerciaux plus ou moins équilibrés. En attendant, on peut spéculer sur les scénarii en anticipant ou en interprétant chaque agissement et chaque dé avancé par les grandes puissances qui conditionnent l’économie mondiale pour ne pas dire africaine.

mercredi 4 décembre 2019

Sénégal : Comprendre la hausse de l’électricité

Cheikh Mbacké Sène, Expert en Intelligence économique
& Communication d'influence et de Crise

La hausse de l’électricité observée ces jours-ci au Sénégal n’est du goût de personne, il faut se l’avouer. Ni du goût des consommateurs sénégalais et encore moins de la Société nationale d’électricité (Senelec) et des autorités, malgré tout ce que l’on peut penser. Accepter ou ne pas accepter, chacun est libre. Comprendre ou ne pas comprendre, cela peut arriver. Toutefois, il importe de rappeler, en dépit de tout ce qu’on peut penser, que l’Etat supporte toujours 20% de la facture et que la Senelec réajuste ses tarifs pour pouvoir continuer à approvisionner de façon correcte et plus inclusive, les Sénégalais. Deux vérités que les Sénégalais doivent garder à l’esprit.

La première chose à comprendre c’est que la fluctuation des tarifs d’électricité s’inscrit dans la logique naturelle de la vie de tout Etat. Le marché de l’électricité ressemble fonctionne comme à la Bourse. D’un jour à l’autre, ses prix peuvent varier en fonction de multiples facteurs endogènes et exogènes. Toutefois, il importe de préciser d’emblée qu’il s’agit d’un « rééquilibrage tarifaire » et non d’un « trend haussier » classique.
“Réajustement ” plutôt que « hausse »

Il importe de revenir sur la situation en expliquant clairement de quoi dont il s’agit exactement. Loin d’être dans un trend haussier, il s’agit plutôt d’un “réajustement ” des tarifs, lequel est défini en fonction de la consommation des ménages et en trois catégories, par rapport au coût de la facture. Il s’agit d’une hausse de 6% sur la moyenne et haute tension et 10% sur la basse tension, en épargnant les consommations des clients domestiques sur la 1ère tranche. En détails, les familles dont la consommation est inférieure à 15.000 francs CFA ne sont pas concernées par la hausse. Cependant, les familles dont les factures atteignent 25.000 Francs CFA verront leur facture croître de 600 à 1200 Francs CFA. Enfin, les factures de consommation de plus de 200.000 francs CFA, subiront une hausse de 6%.

Qu’est ce qui explique ce réajustement tarifaire ?

L’Etat qui compensait pendant des années à hauteur de 26% le secteur, soulageant le consommateur sur une bonne partie de sa facture, a décidé de ne plus supporter que 20%. Ce réajustement des prix que certains appellent « hausse » permettra donc à la SENELEC de rentrer dans ses fonds (combler les 6%), en supportant au mieux les chocs exogènes que sont le cours du baril et la baisse du dollar, de poursuivre dans les meilleures conditions, sa dynamique transitoire (2023-2024).

L’objectif est de garder le cap, poursuivre le stratégique pour arriver à une baisse du coût de l’électricité, qui peut aller jusqu’à 40% à cette échéance. Ce qui permettra à la SENELEC de rester dans la dynamique de développement logistique et de production correcte, avec des moyens corrects et à la hauteur de ses ambitions, d’être dans une logique de performance durable, bénéfique à la nation.
Les Sénégalais doivent juste se rappeler de la situation du pays en 2011, un an avant que le Président Macky SALL n’accède au pouvoir. Cette année-là, la situation paraissait inextricable : financièrement exsangue, la Société nationale d’électricité (Senelec) n’avait même plus les moyens, au plus fort de la crise, d’acheter du combustible pour alimenter ses centrales, et encore moins d’en assurer la maintenance.
À Dakar, ce contexte explosif a conduit aux « émeutes de l’électricité », qui donnèrent naissance au mouvement Y en a marre. Les Sénégalais ont été heureux de ces acquis. Alors faut-il les remettre en cause sachant que retirer de moyens à la SENELEC, serait synonyme de recul et de risque probable de retour à nouveau à des délestages récurrents.
La réduction de l’enveloppement de la compensation de 6% par l’Etat, s’inscrit dans la logique de maîtrise de ses dépenses publiques, en phase avec les critères de convergence des déficits budgétaires et d’harmonisation budgétaire dans l’espace UEMOA. Lesquels sont en parfaite cohérence avec les orientations stratégiques et d’émergence du pays.
Ce que le Président Macky SALL a fait dans le domaine des énergies depuis 2012

Sous le Président Macky Sall, le Sénégal a plus que doublé sa production énergétique la faisant passer de 500 MW en 2012 à 1 141 MW en 2018. Le pays mène aussi deux projets de 60 MW en solaire et 150 MW en éolienne. Avec plus de 3 000 km de lignes de transport installées, le réseau électrique du Sénégal, modernisé et densifié, est désormais mis à niveau. Dans le domaine de l’énergie, les chiffres et réalisations parlent d’elles-mêmes. Sous le Président Macky Sall, les coupures d’électricité sont passées de plus de 950 heures de coupures cumulées en 2011, à 24 heures cumulées pour l’année 2019.

La maîtrise de l’énergie est de plus en plus opérante avec l’installation de plusieurs centrales solaires et une centrale éolienne (Malicounda 20Mw en 2016, Mérina Dakhar, Tivaouane 20Mw en 2017, Bokhol 20Mw en 2016, la centrale hydro-électrique de Félou pour 15Mw pour le Sénégal dans le cadre de l’Omvs, Diamniadio 2Mw). Un renforcement de capacité qui a permis la baisse du coût de production de l’électricité, passant de 101,92 F CFA/KWh en 2012 à 55,26 F CFA/KWh à fin 2016, entraînant ainsi une baisse de 10% des tarifs de l’électricité pour les foyers sénégalais à partir du 1er janvier 2017.
La réhabilitation des infrastructures énergétiques est aussi une des préoccupations majeures du Président Macky Sall: rénovation de la centrale de Kahone, du groupe 804 de Boutoute, l’acquisition de 5 groupes électrogènes pour la région de Kolda pour 5 MW mis en service le 29 novembre 2014, l’extension des centrales de la Senelec fonctionnant au fioul lourd à Bel air, Kahone et Boutoute pour 45,3 milliards, etc.
En 2012, la production totale depuis l’indépendance dans tout le territoire national était de 674,5Mw, alors qu’au 31 décembre 2016, elle est passée à 848Mw, d’où 173,4Mw produits par le régime du Président Sall. De 2012 à 2016, le Sénégal a produit en moyenne 43,35Mw/an. Il est à noter que la tendance haussière de la production nationale va s’intensifier avec à terme 943,4Mw supplémentaires d’ici à juillet 2019, avec les centrales à charbon de Sendou (125Mw) et Mboro (300Mw), les centrales solaires de Kahone (20Mw), Mérina Dakhar, Tivaouane (20Mw), Santhiou Mékhé (20Mw), Sakal (20Mw), Ipp Solaire programme scaling solar en 2018 (100Mw), Diass (15Mw), la centrale éolienne de Taïba Ndiaye (150Mw entre janvier 2018 et juillet 2019).
A cela s’ajoutent les réalisations en cours au niveau de l’Omvs, qui viendront booster considérablement la production, et les efforts considérables dans le transport/distribution de l’électricité par le renouvellement d’infrastructures vétustes par de nouvelles. En juillet 2019, la production sera de 943,4Mw, avec une moyenne de 134,77Mw/an depuis 2012. La bataille du Président Macky Sall est d’arriver à l’accès universel à l’électricité en 2025, avec un objectif intermédiaire en 2020 de 60% d’électrification rurale dont 30% par département.
L’électrification rurale contribue à la réduction de la pauvreté en milieu rural par la création d’emplois non agricoles, avec l’émergence de corps de métiers (artisans et maçons biogaz pour la construction de bio digesteurs ou la fabrication d’accessoires ou de pièces détachées). L’objectif du Président Macky Sall, on le répète, est d’arriver à l’accès universel de l’électricité en 2025, avec un objectif intermédiaire en 2020 de 60% d’électrification rurale dont 30% par département.
Pour synthétiser, il est important que les Sénégalais comprennent et ne perdent pas de vue les efforts consentis depuis 2012 pour permettre de rompre presque définitivement avec les délestages et d’arriver à des taux de couverture de plus en plus inclusifs. Les coupures d’électricité sont passées de plus de 950 heures de coupures cumulées en 2011, à 24 heures cumulées pour l’année 2019.
Et que le réajustement des tarifs que certains appellent « hausse », permet de ne pas revenir en arrière et revivre les coupures intempestives. Il importe également de comprendre que l’Etat compense toujours l’électricité à hauteur de 20%, que les investissements consentis en mix énergétique ne sont pas encore arrivés à un seuil de productivité qui nous permettra de pratiquer des tarifs bas.
Et ce, bien que des pas importants aient été réalisés au grand bonheur d’un bon nombre de nos concitoyens. Comprendre également que la diminution de la compensation de l’électricité de 6% permettra à l’Etat de mieux maîtriser ses dépenses publiques, de réduire son déficit budgétaire et d’assurer correctement sa croissance à venir.
Même s’il faut comprendre les difficultés des familles à joindre les deux bouts et leur capacité à supporter cette hausse, force est de reconnaître avec une analyse plus objective des raisons évoquées, que le consommateur est au centre des préoccupation. Mieux vaut payer l’électricité que de ne pas en avoir. Il faut aussi être dans un esprit de solidarité en permettant à la Senelec de pouvoir fournir le maximum de nos concitoyens possible.
Tout autre discours tenu par l’opposition ne serait que tentative de manipulation, tendant à jeter le discrédit sur le travail extraordinaire visible et perceptible qu’entreprennent l’Etat et la Senelec. L’opposition est toujours dans des critiques peu constructives et jamais dans l’esprit de renforcer la cohésion nationale ou la stabilité du pays, toujours dans un objectif de nous monter les uns les autres.
Dans tous les cas, une seule vérité demeure : « l’énergie la moins chère est celle qui n’est pas consommée ». Si la cherté encourage à consommer moins, c’est déjà un pas dans l’économie d’énergie.

Remplacement Du FCFA Par L’ECO : Attention aux revers de la… »monnaie »



L’adoption de l’Eco par les pays de l’Uemoa à partir de juillet 2020, annoncée conjointement par le président ivoirien Alassane Ouatera et le président français Emmanuel Macron est-elle vraiment un gigantesque pas accompli de la sous région ouest-africaine dans son affranchissement monétaire et économique? Car même si ce changement majeur, sur fond d’autonomisation économique, passe par une décentralisation des 50 % des réserves africaines du Trésor français vers d’autres réceptacles plus autonomes et par le retrait des représentants français des organes de gestion de la monnaie de l’Uemoa, force est de considérer aussi que l’ego gardera – pour l’heure –  une parité fixe avec l’euro. Et la France jouant un rôle de « garant » en cas de défaut de l’un des États membres. Alors peut-on véritablement parler de changement dans l’autonomisation monétaire et économique lorsque l’on sait que le rapport monétaire reste sur le fond donc  inchangé? Le remplacement du FCFA par l’Eco ne change rien tant que la parité entre l’Eco et l’euro reste fixe et indécemment à l’avantage de la France pour ne pas dire des économies européennes. Et même si elle était variable, cela ne protègerait pas pour autant plus nos économiques sans les préalables et l’attitude requise de la part de nos Etats. Explications.
Le FCFA avait été l’astuce trouvée par la France pour proroger sa domination et sa mainmise sur les ressources et les systèmes financiers et économiques de ses anciennes colonies.  Jusqu’ici, les 14 États africains qui utilisent le franc CFA doivent déposer 50 % de leurs réserves en France, obtenant en contrepartie une convertibilité illimitée avec l’euro. Cela leur confère une certaine facilité pour le commerce international, car si un État de la zone franc ne peut pas assurer le paiement en devises de ses importations, la France « garantit » le versement des sommes correspondantes en euros.
L’éco peut être plus dangereux pour notre économie que  le FCFA si…
Après l’entrée en vigueur de l’éco, les pays africains concernés disposeront eux-mêmes de 100% de leurs réserves. Une nouvelle donne qui sera d’autant plus inquiétante parce que les exposant plus à des risques de mauvaise gestion si l’on considère l’irresponsabilité et l’égoïsme de certains de nos dirigeants. L’autre danger réside dans l’éventualité qu’un État de la zone « Eco » ne pusse pas assurer le paiement en devises de ses importations. Soit il s’endette soit il expose ses populations à la pénurie des produits à importer. Les prédispositions pour une mise en vigueur effective et efficiente font encore défaut, et à plusieurs niveaux souvent indexés au sein de la CEDEAO. Même avec la pression sur le FCFA qu’ils cherchent à évacuer, le pays de l’UEMOA doivent se rendre à l’évidence de leur inconvenable impréparation comme en atteste encore aujourd’hui les écarts dans le suivi des critères de convergence maîtrise de l’inflation, des déficits, de la dette, des fluctuations de change et des réserves extérieures – entre les pays de la zone UEMOA, qui les respectent dans l’ensemble.
La France qui s’est engagée pour un retrait, plaide toujours en faveur du maintien de l’arrimage sur les politiques monétaires européennes. Pour l’Elysée, pas question a priori de revenir sur la « parité fixe » de la devise avec l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA qui devra donner donc si l’on suit la « logique élyséenne » 1 euro = 655,96 Eco). Alors que la fixité des parités réduirait selon Macron le risque de change pour des investisseurs ou pour des exportateurs et risques d’inflation. Alors que cette parité fixe est l’un des premiers facteurs bloquants de la compétitivité des entreprises africaines. Et cela va au-delà, puisqu’il faut considérer ces engrenages handicapants jusque dans la compétitivité économique, laquelle peut être scindé en compétitivité-prix et en compétitivité structurelle. La compétitivité-prix relève de la capacité à produire des biens et des services à des prix inférieurs à ceux des concurrents pour une qualité équivalente, alors que la compétitivité structurelle relie la compétitivité aux effets de structure. Il est question de la capacité à vendre ses produits ou services indépendamment de leur prix mais en faisant valoir d’autres arguments (qualité, innovation, services après-vente, image de la marque, délais de livraisons, capacité de s’adapter à une demande diversifiée….). Et ce même si la compétitivité peut être déterminée par plusieurs facteurs en dehors du prix ou taux de change nominal (cours de la monnaie).
Autre chose qu’il faut savoir, c’est que ce changement annoncé ne changera au fond rien si la nouvelle monnaie est maintenue au même niveau et dans les mêmes conditions que le défunt FCFA.
La situation du FCFA à laquelle l’on tente de mettre fin, a été inédite par ses conditions et sa durée. A y penser, on se demande comment l’Afrique a pu survivre à cet arrimage monétaire pendant plus d’un demi siècle? La réponse cette survie de l’Afrique dans de telles conditions est à trouver dans l’immensité et la diversité de ses ressources naturelles et à ses volumes d’exportation. Une considération qui devrait encore nous faire prendre conscience des atouts, de la place et position qui doit être ceux du continent dans l’échiquier des échanges commerciaux internationaux.
L’enjeu réel : la compétitivité économique de la sous-région
Un nouvel arrimage plus « raisonnable », une « parité » variable, et dont les fluctuations se feront en tenant que compte des aléas et autres chocs exogènes sont fondamentaux si l’on veut marquer la rupture. Là encore faudrait-il que nos dirigeants et spécialistes de ces questions soient plus vigilants et plus ingénieux tant dans les négociations que dans la mise en application. Les agissements monétaires doivent se faire sur fond d’intégration de la notion de compétitivité économique pérenne. Car d’une part se limiter aux indicateurs  du taux de change nominal ou du taux de change réel ne permet pas de  prendre en compte les nombreux facteurs déterminants de la compétitivité économique. D’autre part, il urge que l’Afrique de se donner les moyens de faire face aux enjeux actuels et futurs, sachant qu’aujourd’hui l’indice de compétitivité en Afrique subsaharienne est de 45,2 sur 100, alors que la moyenne mondiale est de 60 (démontrant qu’aucun pays dans le monde n’est à 100% compétitif). En plus de classer la région comme dernière du classement mondial ; ce score indique surtout que l’Afrique subsaharienne n’atteint même pas le seuil minimum de la moitié de la note maximale, soit 50 sur 100.
L’Eco est une opportunité de changement à condition de savoir bien la positionner. Cela va au-delà des considérations monétaires. L’enjeu réel, c’est la compétitivité économique de la sous-région pour ne pas dire de l’Afrique. Si l’Afrique rate ce virage stratégique, ce sera parti pour une troisième ère de…colonisation.

jeudi 26 septembre 2019

Les effets pervers de notre économie

Alerte : Les épiciers percent le panier de la ménagère sénégalaise. Le silence de l’Etat inquiète. Impuissance ou complicité ? 
Selon les quartiers et d’un commerce à un autre, le prix d’un article peut varier à des proportions hallucinantes et non justifiées. A croire que le commerce intérieur du pays baigne dans un informEL caractérisé avec des commerçants qui fixent eux-mêmes et comme bon leur semble leurs marges.  Y’a t-il contrôle avéré du respect des prix et des marges fixés, en principe, par l’Etat (Direction du commerce intérieur)? Les organes de contrôles sont-ils suffisamment outillés pour vaquer convenablement à mission de contrôle? Ont-ils l’intégrité et le sens du devoir requis pour protéger le consommateur au même titre que les producteurs, grossistes et revendeurs ?  Autant de questions que nous nous posons au regard de la baisse de notre « pouvoir d’achat » proportionnellement à la flambée anormale des prix des denrées. Et l’on a comme l’impression que c’est avec la complicité des autorités.  C’est en tout cas ce qu’en dit leur silence ou à la limite leur impuissance face au comportement immoral des commerçants qui ne semble leur déranger outre mesure.
Lorsque le consommateur que je suis laisse l’épicier de ma rue au profit d’une grande surface (que je me garde de citer) c’est parce qu’on m’a venté les prix bas de l’enseigne sur certains articles. Seulement une fois sur place, je constate que certains produits sont majorés de 5 à 10% par rapport à mon dernier passage. Pour un client assidu que je suis et très regardant sur les prix, je constate que sachet de Yaourt de 500 grammes que l’épicier que j’ai laissé dans ma rue vend à 500 francs comme partout ailleurs, l’enseigne le vend  à 525 francs. Idem pour le Kilo de pomme de terre et d’oignon respectivement majorés de 5à et 67 francs. Cette fluctuation je commence à m’y habituer, constatant même de manière judicieuse que l’enseigne baisse les prix de quelques articles dans le creux du mois pour ensuite majorer une bonne partie dans les dix premiers jours du mois. L’astuce : en début de mois, les ménages ont plus d’argent et sont moins regardant sur les prix. Ça c’est l’enseigne qui a sa stratégie bien plus « cousue », et reposant sur plusieurs arguments liés à la zone géographique, à la période, à la conjoncture et une ventilation de la politique de prix interne, selon mes investigations. Là aussi c’est une peu le flou sur le moyen de contrôle de l’Etat. ET un laxisme ambiant pourrait conduire à une situation commerciale vicieusement incontrôlable et toujours plus insupportable pour le consommateur final, lequel quoiqu’on dise est des acteurs les plus important de l’écosystème.
L’oignon, le cas le plus édifiant.
Le cas de l’oignon est la parfaite illustration de la situation rocambolesque des ménages au Sénégal. L’Etat par expérience s’assure de la disponibilité des stock sur le marché en veille de fête (période de pic de la consommation) sur fond d’une discrimination positive en faveur du producteur local. Les frontières commerciales en ce qui concerne cette denrée sont fermées. Mais il y a deux semaines (après la fête de l’Aid El kebir), la décision de l’Etat du Sénégal d’ouvrir le marché de l’oignon importé n’avait guère agréé les producteurs de la zone de Potou (une localité horticole sénégalaise). Cette « révolte » des producteurs de Potou en dit long sur l’égoïsme de certains acteurs.
Surtout si l’on sait que la fluctuation abondance/rupture rythme l’année au gré des fêtes religieuses.  Si le marché a été approvisionné de  30 tonnes d’oignon à la veille de la Tabaski (Aid El Kébir), force est de constater deux à trois semaines après qu’il tend vers une carence qui contraint l’Etat à l’ouvrir. Les raisons sont simples : parer à la pénurie et aux spéculations avec des hausses regrettables pour le consommateur avec des prix passés de 350 à 400 francs et de 400 à 500 francs et même 600 francs dans certaines zones. Le stock sur le marché baisse en quantité et en qualité pour un prix qui tend à passer presque au double en une année (de 350 à 600 Francs/kg) là où les intermédiaires l’achètent à 100 ou 150 francs Cfa bord champ. L’enseigne que j’ai visité le vend à 550 francs le kilo et 565 franc le kilo de la pomme de terre.
Le marché dans la globalité propose un produit local de qualité baissante (de plus en plus petit) pour un prix de plus en plus élever. Les producteurs locaux comme les commerçants ne proposent aucune alternative qualitative et sont conscients qu’on va tout doit vers une pénurie, mais veulent en bon égoïstes que l’Etat leur permet d’écouler leur stock d’oignons presque invendable au prix fort et se permettent même de monter au créneau pour demander le départ du directeur de l’Agence de régulation des marchés qui selon eux, ne travaillerait pas dans la transparence. Ils lui reprochent de vouloir imposer en plus, l’ouverture du marché à l’oignon importé, alors que plus de 10 000 tonnes de  la production locale est en souffrance dans les périmètres, et  8000 autres tonnes au marché de Dalifort. Des chiffres fournis par de l’Inter filière de l’oignon. Alors j’ai une seule question : doit-on attendre de consommer ces 18 000 tonnes en souffrance avant d’ouvrir le marché ?
Le cas de l’oignon, je le rappelle, n’est qu’une illustration de cette situation anormale que vit le consommateur parmi tant d’autres. Et on n’a comme l’impression que le pays manque  de contrôleurs de prix. On n’en croise quasiment jamais. En existe-t-il suffisamment ? Le consommateur final ne mérite-il pas qu’on mette plus de moyens ?
Absence de suivi des initiatives de l’Etat sur la baisse des prix
L’une des premières mesures du Président Macky Sall (le 20 avril 2012) a été la baisse des prix de ces denrées de première nécessité est d’application immédiate. La politique nationale sur cette question avait permis de ne ressentir les pénuries de produits agricoles (cultivés localement ou importés) ou surenchères de leurs prix. Même si cette baisse avait tardé à se faire sentir chez les consommateurs en raison du refus des commerçants, il faut reconnaître que le  Président Macky Sall a fait preuve de bonne volonté. Deux ans plus tard, suivait la réduction du prix du pain. La baguette qui coûtait 175 Fcfa s’échange désormais à 150 Fcfa. Mais, il faut plus de rigueur et de la continuité dans cette initiative. On ne peut pas protéger une production locale au détriment du consommateur local. On ne peut pas protéger une production locale d’un côté et observer d’un autre côté une flambée effrénée des prix, et de surcroît informel et délibéré selon le commerçant.
Ces pratiques vicieuses observées sur plusieurs références – et même au-delà de l’agro-business et de la grande distribution – conduisent à des surenchères perverses pouvant encourager l’introduction ou le déversement sur le marché d’articles impropres à la consommation.  Car au-delà du trou de plus en plus béant du panier de la ménagère sénégalaise causé par la surenchère anormale, informelle et incontrôlée des articles, le consommateur peut se rabattre sur des produits dangereux pour sa santé (date de préremption dépassée) parce que moins chers et par absence de choix. Donc d’une problématique de consommation, on peut passer à une de santé publique.
Cette situation amplifie ainsi les tensions sociales et complexifie les rapports entre producteurs, commerçants et consommateurs, mais aussi entre gouvernants et gouvernés. Ces derniers ayant l’impression d’être à juste titre mal défendus et, à la limite même, abandonnés à eux-mêmes. Liy raam ci niag bi la dieum ! Que l’Etat prenne ses responsabilités et les bonnes mesures pour mettre fin à ces pratiques perverses qui minent notre économie dans sa plus basse échelle et contribue à l’appauvrissement  des sénégalais au profit d’étrangers. Puisqu’on le sait tous et sans stigmatiser ou nourrir une certaine xénophobie. On sait tous que 90% des commerces et épiceries ne sont pas détenus par des sénégalais. Ces communautés étrangères qui cristallisent chacun des millions de francs cfa dans leurs caisses ne fréquentent point – pour la plus part en tout cas – les banques d’où la chronique problématique de liquidité qu’a également notre pays. Aujourd’hui, il est très difficile voir même parfois impossible de trouver de la monnaie pour 5000 ou 10000 francs. Malgré l’émergence du paiement mobile, l’argent liquide demeure une référence pour bon nombre de sénégalais. Un autre sujet qui gêne encore la fluidité de notre économie, sans que personne ne bronche.  Pour les autorités nationale, le consommateur sénégalais est à placer au centre de toutes les préoccupations.
Diffusé dans la presse sénégalaise en Septembre 2019

lundi 9 septembre 2019

Les épiciers percent le panier de la ménagère sénégalaise. Le silence de l’Etat inquiète. Impuissance ou complicité ?(

Cheikh Mbacké Sène, Expert en Communication d'Influence
& Intelligence économique
Selon les quartiers et d’un commerce à un autre, le prix d’un article peut varier à des proportions hallucinantes et non justifiées. A croire que le commerce intérieur du pays baigne dans un informEL caractérisé avec des commerçants qui fixent eux-mêmes et comme bon leur semble leurs marges.  Y’a t-il contrôle avéré du respect des prix et des marges fixés, en principe, par l’Etat (Direction du commerce intérieur)? Les organes de contrôles sont-ils suffisamment outillés pour vaquer convenablement à mission de contrôle? Ont-ils l’intégrité et le sens du devoir requis pour protéger le consommateur au même titre que les producteurs, grossistes et revendeurs ?  Autant de questions que nous nous posons au regard de la baisse de notre « pouvoir d’achat » proportionnellement à la flambée anormale des prix des denrées. Et l’on a comme l’impression que c’est avec la complicité des autorités.  C’est en tout cas ce qu’en dit leur silence ou à la limite leur impuissance face au comportement immoral des commerçants qui ne semble leur déranger outre mesure.
Lorsque le consommateur que je suis laisse l’épicier de ma rue au profit d’une grande surface (que je me garde de citer) c’est parce qu’on m’a venté les prix bas de l’enseigne sur certains articles. Seulement une fois sur place, je constate que certains produits sont majorés de 5 à 10% par rapport à mon dernier passage. Pour un client assidu que je suis et très regardant sur les prix, je constate que sachet de Yaourt de 500 grammes que l’épicier que j’ai laissé dans ma rue vend à 500 francs comme partout ailleurs, l’enseigne le vend  à 525 francs. Idem pour le Kilo de pomme de terre et d’oignon respectivement majorés de 5à et 67 francs. Cette fluctuation je commence à m’y habituer, constatant même de manière judicieuse que l’enseigne baisse les prix de quelques articles dans le creux du mois pour ensuite majorer une bonne partie dans les dix premiers jours du mois. L’astuce : en début de mois, les ménages ont plus d’argent et sont moins regardant sur les prix. Ça c’est l’enseigne qui a sa stratégie bien plus « cousue », et reposant sur plusieurs arguments liés à la zone géographique, à la période, à la conjoncture et une ventilation de la politique de prix interne, selon mes investigations. Là aussi c’est une peu le flou sur le moyen de contrôle de l’Etat. ET un laxisme ambiant pourrait conduire à une situation commerciale vicieusement incontrôlable et toujours plus insupportable pour le consommateur final, lequel quoiqu’on dise est des acteurs les plus important de l’écosystème.
L’oignon, le cas le plus édifiant.
Le cas de l’oignon est la parfaite illustration de la situation rocambolesque des ménages au Sénégal. L’Etat par expérience s’assure de la disponibilité des stock sur le marché en veille de fête (période de pic de la consommation) sur fond d’une discrimination positive en faveur du producteur local. Les frontières commerciales en ce qui concerne cette denrée sont fermées. Mais il y a deux semaines (après la fête de l’Aid El kebir), la décision de l’Etat du Sénégal d’ouvrir le marché de l’oignon importé n’avait guère agréé les producteurs de la zone de Potou (une localité horticole sénégalaise). Cette « révolte » des producteurs de Potou en dit long sur l’égoïsme de certains acteurs. 
Surtout si l’on sait que la fluctuation abondance/rupture rythme l’année au gré des fêtes religieuses.  Si le marché a été approvisionné de  30 tonnes d’oignon à la veille de la Tabaski (Aid El Kébir), force est de constater deux à trois semaines après qu’il tend vers une carence qui contraint l’Etat à l’ouvrir. Les raisons sont simples : parer à la pénurie et aux spéculations avec des hausses regrettables pour le consommateur avec des prix passés de 350 à 400 francs et de 400 à 500 francs et même 600 francs dans certaines zones. Le stock sur le marché baisse en quantité et en qualité pour un prix qui tend à passer presque au double en une année (de 350 à 600 Francs/kg) là où les intermédiaires l’achètent à 100 ou 150 francs Cfa bord champ. L’enseigne que j’ai visité le vend à 550 francs le kilo et 565 franc le kilo de la pomme de terre.
Le marché dans la globalité propose un produit local de qualité baissante (de plus en plus petit) pour un prix de plus en plus élever. Les producteurs locaux comme les commerçants ne proposent aucune alternative qualitative et sont conscients qu’on va tout doit vers une pénurie, mais veulent en bon égoïstes que l’Etat leur permet d’écouler leur stock d’oignons presque invendable au prix fort et se permettent même de monter au créneau pour demander le départ du directeur de l’Agence de régulation des marchés qui selon eux, ne travaillerait pas dans la transparence. Ils lui reprochent de vouloir imposer en plus, l’ouverture du marché à l’oignon importé, alors que plus de 10 000 tonnes de  la production locale est en souffrance dans les périmètres, et  8000 autres tonnes au marché de Dalifort. Des chiffres fournis par de l’Inter filière de l’oignon. Alors j’ai une seule question : doit-on attendre de consommer ces 18 000 tonnes en souffrance avant d’ouvrir le marché ? 
Le cas de l’oignon, je le rappelle, n’est qu’une illustration de cette situation anormale que vit le consommateur parmi tant d’autres. Et on n’a comme l’impression que le pays manque  de contrôleurs de prix. On n’en croise quasiment jamais. En existe-t-il suffisamment ? Le consommateur final ne mérite-il pas qu’on mette plus de moyens ? 
Absence de suivi des initiatives de l’Etat sur la baisse des prix
L’une des premières mesures du Président Macky Sall (le 20 avril 2012) a été la baisse des prix de ces denrées de première nécessité est d’application immédiate. La politique nationale sur cette question avait permis de ne ressentir les pénuries de produits agricoles (cultivés localement ou importés) ou surenchères de leurs prix. Même si cette baisse avait tardé à se faire sentir chez les consommateurs en raison du refus des commerçants, il faut reconnaître que le  Président Macky Sall a fait preuvede bonne volonté. Deux ans plus tard, suivait la réduction du prix du pain. La baguette qui coûtait 175 Fcfa s’échange désormais à 150 Fcfa. Mais, il faut plus de rigueur et de la continuité dans cette initiative. On ne peut pas protéger une production locale au détriment du consommateur local. On ne peut pas protéger une production locale d’un côté et observer d’un autre côté une flambée effrénée des prix, et de surcroît informel et délibéré selon le commerçant.
Ces pratiques vicieuses observées sur plusieurs références – et même au-delà de l’agro-business et de la grande distribution – conduisent à des surenchères perverses pouvant encourager l’introduction ou le déversement sur le marché d’articles impropres à la consommation.  Car au-delà du trou de plus en plus béant du panier de la ménagère sénégalaise causé par la surenchère anormale, informelle et incontrôlée des articles, le consommateur peut se rabattre sur des produits dangereux pour sa santé (date de préremption dépassée) parce que moins chers et par absence de choix. Donc d’une problématique de consommation, on peut passer à une de santé publique.
Cette situation amplifie ainsi les tensions sociales et complexifie les rapports entre producteurs, commerçants et consommateurs, mais aussi entre gouvernants et gouvernés. Ces derniers ayant l’impression d’être à juste titre mal défendus et, à la limite même, abandonnés à eux-mêmes. Liy raam ci niag bi la dieum ! Que l’Etat prenne ses responsabilités et les bonnes mesures pour mettre fin à ces pratiques perverses qui minent notre économie dans sa plus basse échelle et contribue à l’appauvrissement  des sénégalais au profit d’étrangers. Puisqu’on le sait tous et sans stigmatiser ou nourrir une certaine xénophobie. On sait tous que 90% des commerces et épiceries ne sont pas détenus par des sénégalais. Ces communautés étrangères qui cristallisent chacun des millions de francs cfa dans leurs caisses ne fréquentent point – pour la plus part en tout cas – les banques d’où la chronique problématique de liquidité qu’a également notre pays. Aujourd’hui, il est très difficile voir même parfois impossible de trouver de la monnaie pour 5000 ou 10000 francs. Malgré l’émergence du paiement mobile, l’argent liquide demeure une référence pour bon nombre de sénégalais. Un autre sujet qui gêne encore la fluidité de notre économie, sans que personne ne bronche.  Pour les autorités nationale, le consommateur sénégalais est à placer au centre de toutes les préoccupations.

lundi 15 avril 2019

Contribution : Néné Fatoumata TALL est bien à sa place et incarne parfaitement l’aspiration de la jeunesse et la vision du Chef de l’Etat

Cheikh Mbacké Sène, Expert en Intelligence économique
Cadre républicain

Les faux procès faits à Mme La Ministre Néné Fatoumata TALL sur sa nomination et son niveau d’étude sont indignes d’un Sénégal qui a à cœur de valoriser son capital le plus cher: sa jeunesse. Référence d’une jeunesse consciente, compétente et engagée, Néné Fatouma TALL a fait ses preuves dans la fonction publique comme PCA de la Lonase et mérite amplement la confiance du Chef de l’Etat, mais aussi le respect de ses camarades de parti et concitoyens. Mieux encore, elle incarne parfaitement à la fois l’aspiration de la jeunesse d’être représentée par un(e) jeune et contribue la valorisation de la femme dans notre pays. 
Il faut se rendre à l’évidence que le Sénégal se rajeunit (plus de 50% de sa population composée des moins de 40 ans, les 2/3 étant des femmes). Il faut également se réjouir d’avoir une jeunesse, saine consciente, patriote, engagée et capable de construire et contribuer de façon efficiente et valeureuse à l’émergence du pays. Néné Foutama TALL, Assome Aminata DIATTA, Amadou HOTT, Abdou Karim FOFANA ou encore Cheikh BAKHOUM ou Birame FAYE … incarnent, entre autres, parfaitement ce que je pourrai appeler « The new generation of young Senegalese leaders».  Génération aux allures assez anglo-saxonnes dans la démarche pour ne pas dire en mode « FastTtrack », elle est le porte drapeau d’une jeunesse qui se veut plus impliquée, plus responsabilisée et plus efficiente.
La confiance que le Chef de l’Etat a placée en eux, n’est pas anodine. A travers ces nominations, le Président Macky SALL ne se distingue pas seulement par sa volonté d’aller au-devant des jeunes, mais par la place qu’il leur accorde depuis son accession à la magistrature suprême. Une considération renforcée avec la réussite d’un parfait casting,en mettant les gens qu’il faut à la place qu’il faut et  en répondant à ces jeunes qui n’ont pas vote pour lui.
Néné Foutama TALL est une jeune sénégalaise lambda de la banlieue, qui a fait ses preuves sur le terrain par un engagement et une disponibilité sans faille pour son pays. Non sans être bien formée. Alors les critiques et interprétations politiciennes ne ridiculisent plus qu’il n’arrangent ceux qui les profèrent. Comme on dit, le loup attaque le troupeau par l’agneau parce qu’il le trouve plus à sa portée. Mais l’on sait aussi que lorsqu’un troupeau de moutons est bien uni, il n’osera jamais attaquer.Ceci, pour dire à mes camarades du parti et à mes concitoyens que la confiance et solidarité aident à réduire au néant les velléités politiciennes discourtoises, lesquelles ne font avancer en rien le pays, et n’ébranlent pas plus qu’il ne galvanise le Chef de l’Etat.
Macky SALL fonctionne au quotidien en tenant compte de l’intérêt supérieur de la Nation et de l’épanouissement de ses concitoyens 
« La jeunesse est le sourire de l’avenir (…) » dixit Victor Hugo. Le Président Macky SALL en est conscient. En Homme de vision, il s’est toujours évertué à ne poser que des actes qui vont dans le sens de l’intérêt supérieur de la Nation et de l’épanouissement de ses concitoyens. Parfois l’honnêteté intellectuelle devrait nous contraindre – et à juste titre – à poser de côté les considérations politiques, et reconnaître l’œuvre visible de tous et à tous les niveaux du Président Macky SALL. Il ne s’agira là que d’une honnêteté vis à vis de soi-même et de la remise sur orbite – et en bonne place – de la solidarité concitoyenne et de l’unité nationale. Il y a un temps pour polémiquer et un temps pour travailler. Parler, s’arroger de méchancetés n’a jamais fait avancer qui que ce soit. D’autant plus que, la discipline et l’attitude exemplaire de Macky SALL (connues de tous) devraient moralement nous contraindre à lui devoir respect, au delà même de l’institution qu’il incarne et symbolise. Ce digne Guide de la Nation n’a jamais eu de propos discourtois envers qui que ce soit. Il voue un respect admirable et équitable à toutes les familles confrériques et religieuses du pays, toutes les ethnies, toutes les régions, tous les genres, et de surcroit installe le pays sur les rails de l’émergence. Que demander de plus lorsqu’on a le messie rêvé ?
L’opinion ne peut ignorer les avancées significatives accordées (de droit) à la jeunesse et aux femmes par le Président Macky SALL et devraient unanimement s’en réjouir. Pendant longtemps le pays a été entre les mains d’hommes politiques qui s’accaparaient de tous les postes (avec des cumuls de fonctions) sans jamais penser à la jeunesse, de mieux en mieux formée, qui a faim d’agir et de servir, et qui était toujours laissée en rade. Le Président Macky SALL change tout cela. Il responsabilise de plus en plus les jeunes et donne à la femme sénégalaise la place méritée. Les exemples sont nombreux et à tous les niveaux (Aminta Touré à la primature, Aminata Tall au CESE, Awa Ndiaye à la CDP…). Comment réussir la transition générationnelle, avoir des futurs grands dirigeants dignement représentatifs des différentes couches de la population si on n’offre pas à qui de droit l’opportunité de servir ? Comment promouvoir une jeunesse compétente à la chose publique si on ne lui donne pas l’opportunité de se familiariser avec l’appareil d’Etat ?
La meilleure manière de parachever et maintenir le Sénégal dans la dynamique d’émergence est de responsabiliser sa jeunesse et lui permettre d’engranger le maximum d’expériences pour mieux servir aujourd’hui et mieux encadrer demain. Même l’exclusion et la marginalisation des jeunes en difficulté est aujourd’hui un crime, à plus forte raison celle des jeunes qui ont de la compétence à faire valoir et qui ne demandent qu’à servir. Alors, il m’est difficile de comprendre les attitudes de certains de mes concitoyens qui émettent des critiques sans argument fondé à l’endroit de certains nouveaux ministres dont les compétences ne sont plus à l’ordre du jour.
Alors pour finir, je me tourne vers ma camarade et sœur, illustre Ministre de la République Néné Fatoumata TALL pour te dire « restes toi-même, modèle d’une jeunesse compétente et capable, ne répondre à aucune polémique, utilises ce temps à faire avancer le pays et à mériter la confiance du Chef de l’Etat ».
Je termine toujours par cette phrase de mon défunt père (Que Dieu lui accorde ses faveurs et le place aux côtés du Prophète PSL et de Serigne Touba Cheikhoul Khadim): “Rien n’est plus gratifiant pour un homme que de servir sa communauté, son pays”. Que Dieu bénisse ce Sénégal 

Pourquoi les banques africaines doivent investir dans l’intelligence économique

Dans un monde dominé par l’accélération technologique, la guerre de l’information et la compétition asymétrique, les banques africaines n’on...